Katanas-Samurai
Musashi Miyamoto
Célèbre samouraï expert au combat du sabre katana (shinken), Miyamoto Musashi est l'un des plus important Kenshi (grand maître de ken-jutsu) que le Japon ait connu et dont les exploits ont inspiré de nombreux récits.
Il est l'archétype du héros médiéval nippon. Né en 1584 dans la province de Harima, il était le second fils de Munisai Shinmen, lui-même expert au katana, qui le laissa orphelin à l'âge de 7 ans (tué lors d'un duel). Elevé par son oncle dans un monastère, Musashi mit ce séjour forcé à profit pour s'entraîner au katana et gagna son premier duel à l'âge de 13 ans contre Arima Yoshibe. A 17 ans, il participa sous la bannière de Toyotomi Hideyoshi à la bataille de Sekigahara en 1600, pendant laquelle il fut gravement blessé.
Musashi Miyamoto
A partir de 1604, on le retrouva à Kyoto où il défia et vaincu Yoshioka Seijuro, important expert du katana, ainsi que nombres membres de son clan. Invaincu dans plus de 60 duels, il affronta pour la dernière fois le célèbre bretteur Sasaki Kojiro du clan Mori, réputé pour son sabre long (O-dachi). Tuant son adversaire à l'aide d'une simple rame en bois selon la légende, Musashi ne se battit plus jamais.
A partir des années 1630, il se consacra entièrement à l'étude de la Voie (Do), tout en pratiquant la calligraphie et la peinture, arts dans lesquels il excellait. Il devient Kensei de son vivant (saint au sabre). En 1637, il rentra au service de ses anciens adversaires les Tokugawa et combattit pour eux les révoltés chrétiens de Shimabara. On le vit ensuite chargé du commandement d'un corps de réserve par Ogasawara, seigneur de Kokura, lors du siège du château de Hara en 1638. A cette époque, il adopte deux enfants : Iori et Mikinosuke. Ce dernier se fait seppuku des années plus tard. Il devint instructeur en 1640 de la puissante famille Hosokawa de Kumamoto. En 1643, il se retira dans la grotte Reigendo (temple de Ungan-ji) du Mont Iwato, à l'Est de Kumamoto. C'est là qu'il rédigera quelques semaines avant sa mort en 1645 le texte Gorin no Sho (traité des cinq roues), qui est devenu un classique de la littérature concernant les arts martiaux. Il mourut à l'âge de 62 ans et fut, selon sa volonté, enterré revêtu de son armure.
Musashi Miyamoto a contracté très jeune de l'eczéma qui lui a laissé sur le visage de grandes cicatrices qu'il a gardé toute sa vie durant. Pour cette raison, il ne ressemble pas aux autres samouraïs de son époque. En conséquence, il n'a jamais rasé ses cheveux, ni arboré la coiffure des samouraïs : le toupet. Miyamoto Musashi était un géant pour son époque. Il mesurait près de 1m84 (environ 6 pieds) alors que ses collègues japonais atteignaient en moyenne 1m53 (5 pieds).
On raconte que Musashi ne prit aucun bain dans sa vie. Il se lavait dans l'eau glacée des torrents afin de travailler son mental.
La voie du Sabre
Lorsque Musashi retourna à son village, il ne fut pas accueilli en héros. Les anciens du village le considéraient comme étant incontrôlable et il dut partir. Il se retrouva finalement captif au château de Hejime où il apprit la voie des guerriers. Après un long apprentissage, Musashi se fit offrir un poste important auprès d'un daimyo (seigneur d'une région plus ou moins grande). Il refusa avec courtoisie, préférant devenir un Guerrier en quête de l'Illumination (musha shugyo).
La Famille Yoshioka
Il partit donc vers Kyoto, qui était la capitale à l'époque. Désireux de vouloir tester ses capacités de combattant, il défia en 1604 l'une des écoles les plus renommées ; celle de la famille Yoshioka, dont le fondateur était semble-t-il un duelliste de renom. Le premier qui releva le défi lancé par Musashi fut celui qui était à la tête de la famille Yoshioka, Seijiro. Ce dernier était armé d'une vraie épée alors que Musashi était armé d'un bokken, un sabre de bois. Le combat ne dura que peu de temps. Seijiro perdit son bras dans le duel et mourut. Cela lui attira la haine du clan Yoshioka. Le deuxième duel, eut lieu contre Denshichiro, le frère de Seijiro. Le combat fut, encore une fois, bref. Musashi brisa le crâne de Denshichiro le temps d'un battement de cils...
Ces derniers, excédés par l'attitude de Musashi, le provoquent une troisième fois en duel contre Matashihiro, encore un enfant, en prenant soin de lui tendre un piège auquel il ne pourra échapper. Mais une fois n'est pas coutume, Musashi est arrivé en avance. Il a eu le temps de voir la lâcheté des Yoshioka en action et les attaque finalement. Matashihiro meurt et Musashi échappe aux 80 samouraïs qui l'attendaient en embuscade, tuant une douzaine de membres du clan. Ce fut le fameux combat d'Ichijoji.
Il reprit alors la route, remportant défi sur défi, invaincu dans plus de 60 duels.
Iwami sohke
Iwami sohke, 11e successeur de Miyamoto Musashi.
Muso Gonnosuke
L'histoire nous apporte différentes versions de la rencontre entre Musashi et Muso Gonnosuke. Ayant rencontré Musashi et vaincu par lui une première fois en 1605 dans la province de Harima à Akashi., ce dernier estima que le traditionnel bâton de 1m80 ne pouvait atteindre une vitesse suffisante contre un katana. Se retirant sur le Mont Honman (dans le Kyushu), il ramena la longueur du bâton à 1m30 après quelques expériences mystiques. Il combina le maniement de ce nouveau bâton (Jo) avec ce qu'il connaissait déjà de ceux de la lance, du katana et de la Naginata. La légende rapporte que lorsqu'il rencontra pour la deuxième fois Musashi, la longueur du Jo, même paré, lui permit d'atteindre un point faible sur le corps de l'épéiste adverse au niveau du plexus solaire. Gonnosuke est parvenu à défaire Musashi sans lui causer de grand mal. Mais ce fut la seule défaite encaissée par Musashi et cela à cause d'une nouvelle technique de Jo-Jutsu.
Sasaki Kojiro
En avril 1612, Musashi rencontre le fameux Sasaki Kojiro, du clan Mori, réputé pour son fameux sabre long (O-dachi). Il l'affronte sur l'île de Mukojima en utilisant un simple bout de bois ou une rame (selon les versions). Le duel a lieu sur la plage. Un seul coup porté à la tête de Kojiro et celui-ci est étendu sur le sable, vaincu par l'allonge inhabituelle de l'arme. Il existe de nombreuses autres versions de ce combat disant que Musashi avait perdu ou bien que Musashi n'était qu'un lâche etc. Musashi ne suivit jamais l'enseignement d'une école de kenjutsu particulière. Ayant certainement profité du talent de son père, puis de l'enseignement du monastère, il a principalement acquis seul ses techniques de combat, prenant plus tard le statut de musha-shugyo (la quête du guerrier , forme d'apprentissage des arts guerriers qui consistait à aller de maître en maître, décole en école pour apprendre et confronter sa technique aux sources les plus multiples). Musashi expérimenta beaucoup et fit évidemment sa propre synthèse technique. Il créa un style de combat à deux sabres (katana et wakisashi) nommé nito-ryu, puis niten-ryu, qu'il utilisa notamment lors du combat d'Ichijoji. Si l'école a disparu avec sa mort, il existe cependant encore des Kata à deux sabres transmis par le kenjutsu au cours des siècles suivants. Le Hyoho Niten Ichi-Ryu prétend cependant aujourd'hui transmettre la technique de Musashi.
Sasaki Kojiro
Commentaires (13)
J'ajouterai que les samurai, avant d'être des hommes de lettre ou des philosophes, étaient de simples guerriers, plus ou moins riches et puissants certes, mais guerriers avant tout, et plutôt tendance bouchers.
A voir les nombreuses trahisons, alliances reniées etc. dans l'histoire du Japon, le code de l'honneur ne devait pas être beaucoup plus développé qu'ailleurs.

Le bushido a été développé progressivement après que le Japon ait été unifié et pacifié par Tokugawa, c'est à dire quand les samurai désoeuvrés par manque de guerre se sont intéressés aux arts et à la philosophie.

Donc gentils poètes qui donneraient leur vie pour l'honneur ou l'empereur, oui. Mais après s'être entretués pendant des siècles pour savoir qui serait la patron à la place de l'empereur ;-)

Sinon au delà du téléphone arabe qui déforme petit à petit la vérité, il y a aussi une volonté de revisiter l'histoire pour l'embellir, et plonger dans l'oubli les atrocités passées.
Cette tendance révisionniste est encore bien présente aujourd'hui au Japon, le devoir de mémoire ils connaissent pas trop...

Ca n'enlève rien à leur philosophie ou à leur art, mais ils faut pas s'arrêter à ça.

2014-07-23
Laenthis
Les samourais sont certes impressionnants, mais je suis incapable de respecter des gens capables de se suicider d'une manière aussi violente que le seppuku ( ou même de se suicider tout court ) parce que leur honneur était entâché ou même simplement parce que leur seigneur mourait ou le leur demandait !

Car oui un seigneur pouvait ordonner à un samouraï de se suicider.
2014-09-26
Bayer31
Les japonais savent très bien transcrire leur histoire,
le japon a beaucoup changer, aujourd'hui il se meurent, sur 10 japonais 8 sont vieux, une société qui ne s'ouvre pas au monde se termine,
ils ne changeront pas et resteront comme ça c'est leur mentalité, qu'on on voit un cadre qui donne sa vie pour son entreprise, offre ses vacance à son entreprise, pas le temps pour son enfant ou sa famille, c'est se suicider pour son patron.
2014-11-20
Les japonais ont l'Histoire la plus merveilleuse qui soit, en plus d'être fabuleuse, elle n'est aucunement fictive. Quand on sait que nos ancêtres se battaient à coup de fourches et de pelles à pain, alors qu'au pays des Wa on avait les puissants samouraïs et les ninjas suréquipés... y'a de quoi rêver ;)
2012-12-11
Le manga tiré des livre est lui aussi sublime.
2013-01-13
driss
en plus de cela, ils avaient développé une philosophie raffinée autour de la vie et de la mort.
2013-01-29
rebecca
Les samourais ont ete sublime par leur philosophie et l art de leur combat j admire ce peuple ils sont tres respetueux malgres les malheurs ils sont toujours debout je suis fan
2013-07-30
en tant que pratiquant de iaïdo, je suis fan de Musashi et suis aussi épaté par ces textes
2013-09-13
Amusant de voir la vision idéalisée qu'ont les occidentaux des samouraï et du Japon médiéval dans son ensemble.
(Vision d'ailleurs combattue par les historiens Japonais).
Comme dit plus haut "nos ancêtres" ne se "battaient (pas seulement) à coup de fourches", mais utilisaient aussi des épées n'ayant rien à envier aux katanas Tamahagane, comme les fameuses "Ulfberh+t" fabriquées a partir d'acier de qualité équivalente importé du Moyen orient ou d'Asie Centrale .
(Les analyses au microscope à balayage donne l'acier des "Ulfberh+t" équivalent au meilleurs aciers industriels modernes, tant pour l'absence de scories, que pour le taux de Carbone et sa répartition harmonieuse).
L'Escrime Médiévale Occidentale est d'ailleurs tout aussi riche que l'Iaïdo. (Les 2 sont tout aussi passionnantes à pratiquer).
Quand à la vision historique des samouraï, même s'il est vrai que nombre d'entre eux étaient de fins lettrés, n'oublions pas qu'en parallèle leur société était bien plus violente que l'Europe médiévale et seul les plus aisés d'entre eux pratiquaient la poésie, la peinture ou la calligraphie. La grande majorité étaient considérés comme de "simples" guerriers et passaient leur vie entre les champs de batailles et les expéditions punitives contre les bandits (et surtout les paysans n'ayant pas réussi à réunir les sommes demandées en tant qu'impôts)!

Le talent des Japonais à été surtout de savoir faire vivre leur culture et illustrer de manière sublime leur histoire, que ce soit au travers des objets ou des récits.
En cela, le Japon a des millénaires d'avance sur le reste du monde...
2014-04-13
Arno
Pour poser un petit bémol, il ne faut pas prendre pour argent content toutes les légendes autour du personnage de Musashi, pour preuve on trouve mot pour mot les mêmes à propos de la plupart des samouraï célèbres, (ainsi que dans les mangas et/ou shambaras!), victoire face à un grand sabreur avec juste un bâton, défi et victoire face à des écoles entières, adversaires immoraux tendant des pièges, etc. La plupart existant déjà bien avant Musashi...
Il faut faire comme avec Goddefroi de Bouillon, Du Guesclin ou Roland de Ronceveaux, se dire que certes le personnage est réel, mais que son histoire à été transformée, enjolivée et étoffée au cours des siècles!
C'est un petit peu le principe du "téléphone Arabe" où l'histoire subit de légères modifications à chaque fois qu'on la raconte, (imaginez au bout de plus de 400 ans)!
Il n'en reste pas moins qu'il fut l'un des plus grands sabreurs de l'histoire, qu'il a contribué à "moderniser" son art et que ses écrits demeurent des références dans le corpus de la littérature guerrière.
(Ce qui est déjà pas mal en une vie humaine)...
2014-04-13
Flavio
Je suis D'accord avec Arno, mais ce principe du "téléphone Arabe" est aussi applicable a la religion occidentale... les traductions du latin au Français par exemple étant très compliquer et très peu de personnes y arrivent car en Latin un mot peu signifier différentes choses... Les Japonais sont surtout remarquables due a leur éducation leur honneur etc... ainsi qu'à leur avance sur le monde technologiquement ou non. un peu comme les Égyptiens. Mais bon tout peuple est admirable sur un point et pas sur d'autres après tout l'Homme est Homme.
2014-05-15
herve8888
petit correctif, le plus grand samurai du japon: Myamoto Musashi n'a en fait jamais était samurai! c'était un ronin ou un bushi... samurai signifie " être au service d'un d'un seigneur" ce qui n'a jamais était le cas de Myamoto.
2015-06-26
sanj
Bonjour
Je n'ai pas d'avis sur l'histoire de MM. Les érudits le situent aux endroits considérés.Mon propos est celui d'un pratiquant assez passable mais assidu . de 40 ans. Le niten apporte une autre vision du kenjutsu, y compris pour les autres armes coupantes. Sur le placement et le ma-ai . Pour se rendre compte de son niveau pitoyable ( je parle pour moi ) Même si des "éclairs" peuvent arriver . Avec un bokken lourd ( au moins 700g ) ou un katana . Un forgeron m'a fait l'honneur de m'en faire un.
Dh
2016-03-11
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