Katanas-Samurai
Le Yumi
A l'époque féodale, il existe dans l'archipel nippon différent types d'arcs. C'est ainsi par exemple que le traité d'arts martiaux Buki Niyaku en distingue cinq types (maru-ki, shige-no-yumi, bankyu, hankyu et hokoyumi).

L'arc japonais le plus connu est celui à structure dissymétrique. La poignée de ce dernier se trouve dans le premier tiers inférieur de l’arc. Cette disposition permet au cavalier de pouvoir passer l’encolure du cheval avec son arc et ainsi de pouvoir tirer sur sa droite comme sur sa gauche.
Il mesure environ 2 mètres et sa puissance est d’environ 25 à 45 kg. A titre de comparaison, celle des arcs mongols pouvait atteindre 70 kg.

L’arc des bushi était fabriqué le plus souvent avec des lamelles de bambou collées. La solidité de la structure de l’arme était renforcée par des nœuds de rotin. Certains arcs étaient également laqués ce qui permettait, en plus de l’effet décoratif obtenu, de protéger le bois de l’humidité.
Du cuir pouvait également recouvrir la poignée pour augmenter la prise en main de l’arme. La corde de l’arc, tsuru, était faite avec du chanvre et parfois de la soie.

Les flèches, ya, étaient en bambou redressé à la vapeur et polie. La meilleur période pour couper le bambou était durant les mois de novembre et de décembre. Les flèches pouvaient également être laquées. Elles mesuraient de 90cm à 1 mètre. Le talon de la flèche (hazumi) est en corne, l’empennage (hane) constitué de plumes. La pointe (yagiri) n’a pas de forme type : il existe un très grand nombre de pointes différentes. Les flèches étaient portées dans un carquois ouvert (utsuki) ou fermé (utsubo) pour les protéger des intempéries.

Durant les époques Nara et Heian, l'arc était l'arme des guerriers de l'aristocratie. Au cours de l'époque Nara avait lieu régulièrement des compétitions d'archerie équestre pratique qui nécessitait une grande habilité.

A la fin de la période Heian avec l'émergence d'une nouvelle classe de guerriers l'art de l'archerie, kyujutsu, se développa au sein de différentes écoles, ryu.
De nombreuses légendes évoquent des guerriers qui réalisent avec leur arc de grandes prouesses. L'une d'elles, raconte que Minamoto Tametomo, oncle de Minamoto Yoritomo et géant d'une grande force, aurait, lors de la guerre d'Hogen (1156-1158) contre les Taira, tué deux ennemis avec une seule flèche. Mais capturé par ses ennemis celui-ci aurait eu les tendons du bras coupés pour lui empêcher de bander à nouveau un arc.

Après avoir établi le bakufu de Kamakura, Yoritomo utilisa les jeux et compétition d’archerie pour entraîner et maintenir les capacités martiales de ses bushi. L’une de ces compétitions appelée Kusajishi est inspirée de la chasse au daim. Elle voyait deux équipes de cinq hommes s’affronter au tir à l’arc sur une effigie de daim.

L’archerie montée se développe également à la même époque au travers d’une pratique appelée yabusame. Le but de cette pratique est pour le cavalier, qui se tient debout sur ses étriers, de toucher avec ses flèches trois petites cibles en bois. A chaque tire le cavalier pousse un crie, kiai, qui signifie littéralement « tire ».


Durant l’époque Sengoku Jidai, au XV et XVIème siècle, de nombreux ashigaru étaient équipés d’arcs. Ils formaient alors de grandes masses d’archers à pied utilisés lors des batailles. Au cours de cette période, l’archerie nippone continua de se perfectionner notamment au travers de l’enseignement de Heki Danjo, né en 1443, qui mena tout une série d’expérimentation sur les différentes possibilités de manier l’arc et fini par trouver une nouvelle méthode particulièrement dévastatrice d’utilisation pour cette arme.

L’introduction au Japon des armes à feu à partir de 1543 rendit peu à peu l’utilisation de l’arc obsolète sur les champs de bataille. Cependant les techniques particulières de l’archerie nippone survécurent au travers de la compétition de Sanjusangendo à Kyoto mise en place au début de la période d’Edo. Cette compétition avait pour but de toucher le plus grand nombre de fois en vingt-quatre heures une cible disposée à 120 mètres. Le record est détenu par Wasa Daihachiro qui envoya 13 053 flèches sur la cible qu’il toucha 8 113 fois !
Sources :
www.samourais-et-ikebana.com
Commentaires (1)
gwen
merci pour les infos très utiles afin de bien expliquer l'"archerie" dans l'expo Samourai de Nantes ! !
2014-08-20
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