Katanas-Samurai
La Tsuba du katana
Les tsuba sont les gardes de sabres japonais (katanas, wakizashi, tantos). Leur but est d' empêcher que la lame de l'adversaire ne glisse sur le sabre et ne vienne couper la main.

Les tsubas sont fabriqués à partir d'une grande variété de métaux notamment en fer, cuivre (rouge) et ses dérivés tels que le cuivre jaune, bronze, shibuichi, shakudô, rogin mais aussi en or et/ou argent.

Chaque tsuba a une taille (5 à 10 cm), une tranche et une forme particulière. Il est cependant possible d'identifier une dizaine de formes différentes: ronde (Marugata), "carrée" à angles arrondies (Kaku gata, Yuko Ito gata), quadrilobée (Moko gata, Tate Ito gata), rectangulaire (Aori gata)...

Les premières tsubas remontent au VIe siècle. De forme beaucoup plus simple (en forme de goutte d'eau) ils étaient généralement composés d'un alliage de cuivre ou de fer. Avant cette date certains tsubas devaient être importés. Il est encore possible aujourd'hui de trouver des artisans spécialisés dans la fabrication de tsubas.

Il est possible de classer les tsubas en fonction de leur "style" permettant d'identifier l'appartenance à une école, une période et/ou un facteur particulier. Certaines tsubas étant signées il devient "aisé" d'en retracer l'histoire ou plutôt celle du facteur.

Particularité d'une tsuba
On distingue plusieurs particularités sur la tsuba, chacune ayant une fonction précise :

Le Nagako-Ana : le plus grand et les plus important interstice visible sur la tsuba, de forme plus ou moins triangulaire il sert à passer la lame du sabre.

Le Kozuka-Hitsu : trou dans lequel on glisse un Kogatana, qui était une réplique de la lame du katana mais à petite échelle, en effet Kogatana signifie "ko" court "gatana" qui est une variante phonétique de katana, il servait à tous les usages courant du samouraï, le plus noble d'entre tous étant de tailler la plume d'oie qui permettra au samouraï d'écrire son dernier poème avant son suicide rituel : le seppuku.

Le Kogai-Hitsu : trou permettant le rangement du Kogai, une paire de pointes ayant de nombreuses utilisations : arme blanche, baguettes, épingles à cheveux, grattoir pour nettoyer les sabots des chevaux ou encore outil pour les armures.
Les différentes formes de tsubas
Il est possible de citer parmi les écoles les plus célèbres notamment celles de :

Asakusa : de la province d'Asakusa durant la période Edo ;

Chôshû, Ônin, Tachikanagoshi, Tôcho : écoles du XVIe siècle, respectivement caractérisées par (i) ses tsubas en fer (ii) ses décors de reliefs en appliqué (iii) l'utilisation de métal tendre avec des incrustations (iv) tsuba en fer découpé pour les sabres de parade ;

Gomoku-zôgan, Kaneie (fushimi), Shingen, Shôami : fin du XVIe siècle;

Gotô : école fondée par Gotô Yujô (1453-1512) caractérisé par un fond constitué de point en relief ;

Heian-jô, Hôan, Kaga, Sukashi : début du XVIIe siècle. La dernière école citée étant "spécialisée" dans les tsubas en fer découpé ;

Higo: fondée dans la province du même non par Hayashi Matashichi ;

Jajushi kisaemon de la ville de Nagasaki et dont les tsuba ont une touche chinoise tout comme les tsubas de l'école de Sôten ;

Kamakura de la ville de Kamakura dont les tsubas en fer sont influencés par l'art chinois, sculptées et laquées;

KinaÏ : en fer découpé ; Ko-Kinko en métal tendre et aux décors chargés ; Myochin : école créée au XVIIe siècle utilisant le fer forgé ; Ôtuki (Tôkyô), Tanaka : écoles du XIXe siècle...

Chaque école a sa propre personnalité avec ses facteurs célèbres (Shimuzu Jingô, Kanô Matsuo...) et ses propres techniques de réalisation. Le classement exposé ci-dessus n'est absolument pas exhaustif nous pourrions citer l'école de Kamayama qui débuta sous la période Muromachi caractérisée pour ses tsubas en fer proche d'un autre style, celui d'Owari.
Les principales formes
- Maru-gata : section ronde.
- Tate-maru-gata : plan ovale ou en larme.
- Mokko-gata : bordure quadrilobée.
- Kiku-gata : forme de chrysanthème.
- Hashi-gaku : hexagonale.
- Nade-kaku-gata : tracé rectangulaire à bords arrondis.
- Kaku-mimi : carré.
- Kaku-mimi-koniku : pourtant carré à angles arrondis.
- Maru-mimi : arrondi.
- Namban-gata : toutes formes, décor en arabesques.
- Ho-o-gata : bord rond ou ovale, décor au phénix.
- Mukade-gata : périmètre circulaire, décor en rayons.
- Shingen-gata : ligne arrondie, décor concentrique.
- Naga-maru-gata : plan ovale.
- Sukinokoshi : bord relevé.
- Hamidashi : ronde à échancrures latérales.
- Dote-mimi : bord tubulaire creux.
De véritables œuvres d'art
Jamais le génie décoratif des Japonais ne s’est affirmé avec autant d’éclat que dans les gardes de sabre, qui sont en général, des chefs-d’œuvre de composition décorative et d’exécution. Le port du sabre était un privilège dont les samouraïs et les daïmios étaient fiers : aussi n’est-il pas surprenant de voir avec quel soin ils en ont fait décorer les gardes.
Sources :
www.clickjapan.org
www.la-pierre-et-le-sabre-iaido18.fr
www.samourais-et-ikebana.com
Commentaires (2)
peut on ajouter une garde sur un shirasaya ?
2013-10-13
ticho
bonjour, non clairement, puisqu'une shirasaya
a pour fonction de protèger une lame, "la conserver" c'est un emballage en sorte.
si l'on veut mettre une tsuba on met aussi la tsuka, bref on monte le katana.
2016-06-21
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